Pascaline Lepeltier : son palais, la Loire

Pascaline Lepeltier
© Eric Medsker

Derrière ses lunettes rectangle cerclées de noir, ses yeux trahissent le rythme effréné des derniers mois. En transit entre New York, sa ville d’adoption depuis dix ans, et l’Anjou qui l’a vu grandir, Pascaline Lepeltier, sommelière de son état, ne s’arrête guère : conférences, dégustations, interviews, écriture de deux livres –dont un en anglais- et un passage obligé dans les vignes. Chez des vignerons d’Anjou et d’ailleurs qui lui ont « ouvert leurs bras. C’est d’abord là qu’il faut être », assure-t-elle.

Le vin campe une quête de sens ancienne et intime chez la jeune femme mais, de manière plus prosaïque, il l’a aussi porté au firmament de l’excellence française, par le biais d’un doublé inédit : Pascaline est depuis l’automne 2018 Meilleur ouvrier de France et Meilleur sommelier de France. Dans les deux cas, c’est une première pour une femme. C’est surtout l’expression « d’une maîtrise, d’une compréhension et d’une envie de transmettre », façonnées en France, puis remises en perspective Outre-Atlantique.

Titulaire d’une mention« Sommellerie » à l’Esthua, Tourisme et Culture de l’Université d’Angers, la jeune femme est très vite recrutée par le groupe belge Rouge Tomate, pour travailler sur un concept de restaurants basés sur une locution latine : « Sanitas per escam » - la santé par l’alimentation. C’est le début de son aventure américaine.

La suite, c’est le quartier chic de Tribeca, au cœur de Manhattan et le restaurant Racines où elle officie depuis 2018. La sommelière ligérienne y présente une carte de 3000 vins, dont près de 500 références d’Anjou, bio. « La région a une carte fantastique à jouer, notamment avec le chenin, ce grand cépage qui a juste commencé à montrer sa capacité d’expression. » Amoureuse du « mot juste », à l’heure de conseiller ceux qui rejoignent sa table, Pascaline s’épanouit « dans l’environnement social très intéressant qu’est un restaurant. Mon boulot, c’est de comprendre exactement ce que la personne veut quand elle va manger ».

Khâgne, hypokhâgne puis Normale Sup’… Pascaline s’est un temps rêvée prof de philo : « J’aime le concept de nature, la capacité à se dire que tout a un sens, l’expression d’un rapport au réel… » Une passion qu’elle a toujours chevillé au corps, mais c’est finalement dans le vin qu’elle a trouvé « un terreau fécond d’interdisciplinarité, parce qu’il touche à tous les domaines de la culture humaine. »

In vino veritas…

Rebond…

Fichue épaule ! Avant de se passionner pour la philosophie puis le vin, Pascaline Lepeltier a performé dans le sport, et à très bon niveau. Championne régional de tennis des 15-16 ans, elle s’est entraîné avec un certain… Nicolas Mahut ! « On est de la même génération, et je suis évidemment avec une attention particulière sa superbe carrière », explique-t-elle. Si elle a dû ranger ses raquettes prématurément à cause d’une blessure, Pascaline Lepeltier n’en a pas totalement fini avec le monde de la petite balle jaune. Grande amatrice de vin, l’ex-championne de tennis Amélie Mauresmo est venue chercher les conseils du Meilleur Ouvrier de France, dans son restaurant Racines, à New York…

Ils font rayonner l'Anjou

Ils sont sportifs, entrepreneurs ou scientifiques. Leur nom est souvent connu dans toute la France. Leur point commun ? Ils vivent ou sont passés à un moment de leur parcours par notre département. Depuis 2016, votre magazine est allé à la rencontre de celles et ceux qui, par leur passion et leur talent, font rayonner l'Anjou au-delà se ses frontières.

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