Rim Ridane, reine du ring

Rim Ridane
© Bertrand Bechard

Après une douzaine d’années de pratique du karaté à Avrillé, Rim Ridane a opté pour la boxe française. Elle a depuis franchi toutes les étapes, jusqu’à devenir championne du monde en 2016.

« Il faut être un peu fou pour pratiquer un sport de combat. C’est dangereux : ça peut aller jusqu’au K.O. » Rim Ridane en sait quelque chose. Depuis qu’elle a commencé la boxe, en 2008, elle a eu : une fissure aux cervicales, un tympan perforé, une côte cassée, le nez fêlé, plusieurs tendinites… Avant les gants, Rim Ridane avait porté le kimono durant une douzaine d’années, à Avrillé, où elle a grandi. « À six ans, j’ai tanné ma mère pour qu’elle m’inscrive au karaté, s’amuse la championne. De mémoire, je n’avais jamais assisté à un cours, mais je voulais faire comme les grands frères. »

Les années passent, et la jeune karatéka franchit les étapes, au stade Delaune avec l’Association Sportive Avrillé. En 2006, en finale du championnat de France, elle reçoit un coup de pied en plein visage. La jeune femme tombe contre le parquet. Traumatisme crânien. « J’ai fait des examens neurologiques. J’avais des micro-lésions, des migraines à répétition. » Rim Ridane, qui se rêve professeur d’EPS depuis qu’elle est en classe de 6e, est obligée d’arrêter le sport. « Je crois que cela a été la période la plus difficile de ma vie. J’ai raté mon bac, stoppé le karaté, pris du poids… »

Guirlande de médailles

À la sortie du lycée, diplôme en poche, la jeune Avrillaise s’inscrit en Staps (faculté de sport), à Nantes, où elle donne aujourd’hui des cours. « Il fallait choisir une option, j’ai opté pour la boxe française, c’est ce qui se rapprochait le plus du karaté », lâche-t-elle dans un large sourire. Tout en admettant que cette décision a provoqué l’angoisse chez ses proches. Elle avoue sans rougir : « Je suis un peu une acharnée. Quand je commence, il faut que je réussisse. »

Il faut être un peu fou pour pratiquer
un sport de combat.

Alors Rim Ridane fait avec les gants comme elle a fait avec le kimono : elle franchit les étapes et rejoint, avec son entraîneur Denis Claude, le club de Riaillé (Loire-Atlantique).

En 2013-2014, elle évolue en fédérale, coachée par Thierry Bocquel de l’Association nantaise boxe française, et gagne toutes les compétitions : championne de France universitaire en 2014, championne de France en 2015 et 2016, championne d’Europe en 2015 et, finalement, championne du monde de boxe française en assaut en 2016.

Loin des clichés

Multi-titrée, Rim Ridane est également professeur d’éducation physique et sportive depuis quatre ans. Ses lycéens ne se doutent pas de son palmarès. « Ce n’est pas à moi de le dire, glisse-t-elle, modeste. Mais ils s’en aperçoivent rapidement lorsque j’enfile les gants ! » La boxe, « ludique et complète, est un très bon sport pour canaliser les jeunes qui en ont besoin ». Rim Ridane ne s’est jamais battue : « Si on me cherche dans la rue, je vais tout faire pour éviter les problèmes, car je sais que si je mets un coup, ça va faire mal… ». Selon elle, même si les mentalités évoluent, le regard des hommes est encore difficile lorsque l’on est une femme en combat, discipline que Rim Ridane pratique depuis deux ans après avoir commencé la boxe en assaut : « Selon certains, les filles devraient rester en assaut. »

Loin des clichés autour de ce sport, la championne parle de « climat sain » quand elle évoque ses matches : « Lorsque l’adversaire et moi montons sur le ring, nous sommes tous les deux d’accord. ». À 30 ans, Rim Ridane a entamé 2018 avec un objectif en tête : les championnats du monde à Paris, à l'automne prochain. « On va tout faire pour y aller. »

5 titres nationaux et internationaux ont été raflés par Rim Ridane, en attendant les championnats du monde cette année…

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