Festival d'Anjou 2019 : tous au théâtre

    Peu d’événements peuvent se vanter de souffler leurs 70 bougies avec autant de vitalité ! Créé en 1950, le Festival d’Anjou s’imprime chaque année davantage sur le territoire et ses habitants. Du 10 au 29 juin, la prochaine édition promet, une nouvelle fois, de très beaux moments de théâtre, et plus encore.

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      Au sommaire

      Les décors

      C’est ce qui marque en premier les spectateurs, les comédiens et les metteurs en scène venus au festival : le plein air et la majesté du cadre. Car le Festival d’Anjou, ce sont des décors royaux, depuis la première édition, en 1950, au château de Brissac jusqu’à aujourd’hui, au château du Plessis-Macé. Au total, l’événement a sillonné 70 lieux de Maine-et-Loire, du château de Saumur à celui de Serrant, des Greniers Saint-Jean au château de Baugé. Aujourd’hui, 53 ans après y avoir dressé ses tréteaux pour la première fois, le festival revient à l’abbaye royale de Fontevraud et continue de couvrir tout le territoire : des envoûtantes Arènes de Doué-en-Anjou au Théâtre Saint-Louis de Cholet, du Théâtre Bouvet-Ladubay à Saint-Hilaire-Saint Florent au Grand Théâtre d’Angers. L’édition 2019 s’invite dans 14 sites prestigieux de l’Anjou.

      La distribution

      Jean-Louis Trintignant, Richard Berry ou Catherine Hiegel pour ne citer qu’eux cette année ; Gérard Jugnot, Jacques Weber, François Morel, et bien sûr Gérard Depardieu l’an dernier… À chaque édition, l’affiche du Festival d’Anjou brille des plus grands noms du théâtre. Une ligne directrice comme un héritage des débuts : les organisateurs convient Serge Reggiani, Ludmila Mickaël, Jean-Pierre Marielle, Anouk Aimée, Michel Aumont, Maria Casarès lors des premières éditions. Albert Camus vient deux fois, en 1953 et 1957. Pendant l’ère Jean-Claude Brialy (1985-2001), c’est au tour de Robert Hossein, Francis Huster, Daniel Auteuil ou encore Emmanuelle Béart d’enflammer les planches.

      Le public

      Plus de 30 000 billets seront mis en vente cette année. Fidèles de l’événement, les spectateurs continuent de faire la queue (très) tôt le matin le jour de l’ouverture de la billetterie – alors même qu’elle est désormais accessible en ligne. Une tradition qui se perpétue depuis des décennies et qui prouve l’attachement des Angevins au festival. Un public passionné, imperméable aux éventuelles intempéries, et imperturbable, quels que soient les caprices de la météo les soirs de spectacle.

      Fort de son succès, l’événement se prolonge depuis l’an dernier avec les Hivernales du Festival d’Anjou, au Grand Théâtre d’Angers : 7 500 spectateurs ont répondu présents. La saison 2 aura lieu de novembre à mai 2020.

      Le rayonnement

      La « patte » du directeur artistique Nicolas Briançon a marqué le festival sur le plan de la création. Ces pièces, nées au Plessis-Macé, deviennent ambassadrices de l’Anjou lorsqu’elles sillonnent ensuite la France, et sont plébiscitées par le public. À l’image du succès rencontré par la « Nuit des rois », le « Canard à l’orange », monté l’an dernier, triomphe en ce moment à Paris et est nommé dans sept catégories aux Molières.

      L’ouverture

      Tous au théâtre ! Cela pourrait être la devise du Festival d’Anjou, qui déplie ses gradins pour le plus grand nombre. L’événement convie ainsi les familles à profiter d’une programmation festive pensée sur mesure lors de la journée Sunday. Un parcours Théâtre au collège est proposé pour les jeunes spectateurs dans les établissements scolaires de Maine-et-Loire. Au programme : des ateliers
      avec des comédiens professionnels, la visite des coulisses du festival et, bien entendu, l’accès à une pièce de théâtre.
      Par ailleurs, la manifestation mise sur l’accessibilité. Le parterre réserve des places aux personnes à mobilité réduite, et les personnes malentendantes bénéficient de boucles magnétiques. Le jeudi 20 juin au Cloître Toussaint, l’audiodescription retranscrira « La Machine de Turing » pour les personnes malvoyantes. Une visite tactile du lieu et des décors précédera certains spectacles, naturellement accessibles à tous.

      La modernité

      En 70 ans d’existence, le Festival d’Anjou n’a pas pris une ride ! Avec le Concours des compagnies, créé en 2005, il offre l’occasion de voir, en parallèle des têtes d’affiches, des pièces pas ou peu connues avec de jeunes noms du théâtre. Imaginé par Nicolas Briançon en 2005, ce concours insuffle un air de renouveau sur l’événement en programmant de toutes jeunes troupes.
      Le directeur artistique n’hésite pas également à programmer des pièces mêlant théâtre, musique, danse et chansons. Son successeur, Jean Robert-Charrier, plus jeune directeur de théâtre parisien à seulement 35 ans, souhaite lui aussi poursuivre ce travail de modernisation. Et ainsi continuer d’ancrer le Festival d’Anjou dans son siècle.

      Christian Gillet président du Département de Maine-et-Loire et d’Anjou Théâtre

      Savant mélange de textes classiques et contemporains, d’auteurs, de comédiens, de metteurs en scène confirmés ou émergents, le Festival d’Anjou porte dans son ADN la création théâtrale.
      Chaque année, l’événement est une occasion formidable de mettre en valeur les plus beaux lieux de notre patrimoine, au service du théâtre. Cette édition 2019 s’annonce comme un feu d’artifice avec ce 70e anniversaire. Elle est aussi particulière, car ce sera la dernière de Nicolas Briançon, à qui nous avons donné carte blanche. Nous avons également souhaité associer son successeur, Jean Robert-Charrier, pour la programmation du Concours des compagnies.