Le Musée Joseph Denais

Musée Joseph Denais
© Coralie Pilard

Empreintes de dinosaures, momies coptes, buste de Camille Claudel, dessins de Lenepveu, planétaire copernicien… La visite du musée Joseph Denais s’apparente à un fabuleux voyage dans le temps, des origines à nos jours.

Le curieux bâtiment qui fait face à l’église de Beaufort-en-Anjou a de quoi surprendre. Cet édifice en granit et tuffeau au style « arabe-florentin-angevin » a été construit, en 1905, pour accueillir l’étonnante collection encyclopédique que Joseph Denais venait de donner à la ville. Journaliste et historien, le Beauforts a mis à profit ses voyages et ses rencontres pour recueillir de nombreux objets et oeuvres d’art. Cet érudit volontaire et pugnace a su aussi convaincre de riches mécènes et les artistes d’enrichir gracieusement sa collection.

Une fenêtre sur le monde

Véritable caverne d’Ali Baba, le musée Joseph Denais s’inscrit dans la tradition des cabinets de curiosité du XIXe siècle. Entièrement rénové en 2011 avec l’aide du Département, ce lieu rare et singulier, un des derniers de ce type en Europe, a su conserver l’âme de son fondateur. Si l’histoire de Beaufort constitue sa colonne vertébrale, tous les domaines sont représentés : archéologie, ethnographie, beaux-arts, histoire naturelle… Petits et grands, férus d’histoire ou simples amateurs y déambulent comme dans un grenier où cohabitent d’incroyables trésors : bézoards, statues égyptiennes, arbre aux oiseaux, sceptre royal, petites boîtes de fiançailles, moussoir à chocolat, pain du siège de Paris… Chaque salle ou vitrine est l’occasion de surprenantes découvertes.

Un musée animé

Plébiscité par les enfants, le musée Joseph Denais reçoit tous les ans près de 5 000 scolaires. Des ateliers, des conférences et des animations sont aussi proposés aux familles. Prochains rendez-vous le 21 mai autour de la bande dessinée pour la Nuit européenne des musées, et les 18 et 19 juin à l’occasion des Journées nationales de l’archéologie. Chaque année, le musée réactive l’esprit de curiosité de Joseph Denais en accueillant un artiste contemporain. À compter du 4 juin, il donne carte blanche à Vincent Mauger. Créés spécifiquement pour le lieu, ses transformations architecturales et ses agencements plastiques apporteront un nouveau regard sur le musée.

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Beaufort et la franc-maçonnerie

© Coralie Pilard

Jusqu’à la fin juillet, une vitrine temporaire lève le voile sur la franc-maçonnerie de Beauforten-Vallée au XVIIIe siècle. Si peu d’informations sortaient des loges, Joseph Denais a recueilli de précieux documents, conservés jusque-là dans les réserves du musée et qui permettent d’en savoir un peu plus sur les activités franc-maçonniques. Sceaux, tabliers, discours et registres témoignent de ces sociétés disparues à la Révolution, qui réunissaient alors nobles, bourgeois, officiers royaux et même ecclésiastiques.

Regards en coulisse

© Coralie Pilard

Trop fragiles pour être montrées, en attente d’être restaurées ou parce qu’elles font doublon avec d’autres présentées à l’étage, plusieurs centaines d’oeuvres d’art sont stockées dans les réserves du musée. Soigneusement étiquetés, tableaux, sculptures, dessins ou tissus sont entreposés sur les étagères à l’abri de la chaleur et de l’humidité. Là, un portrait de Joseph Denais, ici, un buste de Marianne, plus loin, des boîtes contenant des tissus coptes anciens, mais aussi de précieux châles récemment légués au musée. Un inventaire précis est tenu par la Conservation départementale des musées, qui assure la gestion scientifique de cet établissement municipal labellisé « Musée de France ». Fidèle à l’esprit du collectionneur, ce service veille à protéger, à enrichir, à valoriser et à partager les oeuvres auprès du plus grand nombre.

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