COVID-19 : un été pas comme les autres

  • Famille

Christelle Ploquin, Rachel Louis et Elsa Moreau sont référentes prévention à la MDS de Segré. Elles ont poursuivi l’accompagnement des familles du secteur pendant le confinement. Après quelques semaines de déconfinement, elles témoignent des difficultés rencontrées par les parents et les enfants qu’elles suivent.

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    Dans quel état d’esprit sont les familles que vous suivez actuellement ? Comment vivent-elles l’été ?

    Rachel Louis : « Aujourd’hui, on retrouve des familles qui sont fatiguées et qui doivent vivre avec de nombreuses incertitudes. Elles ont eu du mal à organiser les vacances d’été. Il y a eu beaucoup de choses à gérer en cette fin d’année scolaire. La peur du virus reste malgré tout présente. Les activités proposées par les centres de loisirs ou les associations locales se sont organisées tardivement et le nombre de places était limité. Pour les familles, cette impossibilité de préparer l’été a été une source de stress. Des émotions que les ados ont aussi partagées… »

    C’est-à-dire ?

    Elsa Moreau : « Les réseaux sociaux ont joué un rôle important pendant le confinement en permettant aux jeunes de rester en contact. Mais à la sortie de cette période, certains ont pris conscience qu’ils étaient laissés de côté lorsque les premiers regroupements ont été organisés. Confinés, à l’abri du regard des autres, ils pouvaient se sentir protégés des dynamiques de groupe et gagner en tranquillité. Pour eux, le retour au collège a pu être vécu avec angoisse. On travaille avec eux pour les encourager à participer à des activités, en les inscrivant sur des temps de loisirs par exemple ».

    Quel bilan peut-on faire de cette période pour les familles que vous suivez en MDS ?

    Christelle Ploquin : « Un des points forts, c’est que malgré les craintes qu’avaient les parents, les enfants se sont vraiment adaptés au confinement. Les familles ont dû mettre en place de nouvelles organisations, certes dans la contrainte, mais cela a abouti à de la créativité, à des moments partagés : cuisine, fabrication de jeux, moment de détente, dessins ou pâte à sel… Par contre, le déconfinement qui s’annonçait comme un espace de liberté retrouvé a parfois généré une angoisse plus difficile à gérer que le confinement lui-même. Il a fallu appréhender et négocier de nouvelles règles dans et hors de la maison, reprendre une activité professionnelle, organiser la scolarisation progressive des enfants. Sur ce point, les parents ont dû faire face à une forte responsabilité : est-ce que je dois laisser mon enfant aller à l’école ou au collège alors que le virus circule encore ? Bref ce climat déstabilisant est venu mettre en difficulté l’équilibre trouvé au sein des familles ».

    Pour aller plus loin

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