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Est-il plus difficile d'être un bon parent aujourd'hui ?

  • Interview

Entretien avec Philippe Duverger, pédopsychiatre, chef de l’unité de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent au CHU d’Angers.

Temps de lecture :  min.

    Selon vous, dans quel état d’esprit sont les parents, de nos jours ?

    Philippe Duverger : Je crois qu’ils doutent de plus en en plus de leurs compétences ou de leurs qualités. Ils s’inquiètent beaucoup pour leurs enfants et ont besoin d’être rassurés.

    Est-il plus difficile aujourd’hui d’éduquer un enfant ?

    P. V. : Avant ces dernières décennies, le mode d’éducation et la place des parents étaient dans un lien vertical d’autorité ; et les enfants le respectaient plus ou moins. Aujourd’hui, les parents sont plus souvent dans une relation de séduction. Il faut plaire et ne pas dire non à l’enfant par peur qu’il ne nous aime plus. Tout cela change la donne : les parents sont perdus, ne savent plus s’il faut dire oui ou non.

    Qu’est-ce qu’un bon parent ?

    P. V. : Ce qui est important, c’est d’être des parents passables, des “ suffisamment bons parents ”, disait le pédiatre et psychanalyste britannique Donald Winnicott. Nous voulons être très bons, mais si on place la barre trop haut, on n’y arrive pas. On ne sera jamais d’excellents parents, même un pédopsychiatre comme moi. Il faut essayer d’être suffisamment bon en étant présent, attentif, rassurant, en permettant
    à l’enfant d’avoir confiance en lui.

    Et les recettes miracles n’existent pas dans ce domaine…

    P. V. : Évidemment, que ce soit sur Internet, dans les magazines, chez le pédopsychiatre ou encore dans des cours de coaching pour parents, les solutions toutes faites n’existent pas. Il n’y a pas de livre de recettes de parents. En revanche, il peut y avoir des conseils. Je crois qu’il est plus intéressant d’aider les parents à penser leur rôle, que de leur donner des recettes qu’ils ne vivraient pas bien.

    Quel regard portez-vous sur les professionnels du Département ?

    P. V. : Les puéricultrices, les sages-femmes, les médecins de PMI, les assistantes sociales font un superbe travail. Malheureusement, ils sont encore trop perçus comme le service qui s’occupe des cas compliqués, des familles défavorisées. Il ne faut pas se leurrer, le sujet de la parentalité concerne tous les milieux sociaux, aussi bien les familles en situation de vulnérabilité que les milieux aisés. Ces
    professionnels sont là pour aider et soutenir tous les parents.

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