Argos : Richard Fauguet s'expose à la collégiale

Culture |

Dans le cadre du partenariat entre le Département et le Fonds régional d'art contemporain (Frac) des Pays de la Loire, Richard Fauguet expose à la collégiale Saint-Martin jusqu'au 6 janvier.

Du Tabouski à la molécule de chien, Richard Fauguet déploie un univers drôle et poétique renvoyant à l'univers domestique. © Philippe Noisette

L'exposition Argos : drôle et poétique

Deuxième opus pour la saison d'art contemporain à la collégiale Saint-Martin : Argos. Richard Fauguet est l'artiste invité de ce partenariat entre le Département de Maine-et-Loire et le Fonds régional d'art contemporain (Frac) des Pays de la Loire.


« J’ai un imaginaire qui renvoie à un univers clos, qui serait une maison ». Du sol au plafond, de la cave au grenier, l’univers domestique est cher à Richard Fauguet, et l’exposition « Argos » en est une illustration parfaite. Drôle et poétique, « Argos » fait voler en éclat la frontière entre cultures savante et populaire et convoque le regard de chacun. Une promenade inspirante au cœur de l’art et de la modernité.

Rencontre avec Richard Fauguet


© Philippe Noisette

Pourquoi avoir décidé d’appeler cette exposition Argos ?
Richard Fauguet : « On retrouve à la collégiale Saint-Martin une sorte de compression du travail que je mène depuis trente ans, avec des matériaux, des techniques et des inspirations différentes. Mais s’il y avait une sorte de fil conducteur entre toutes ces pièces, c’est peut-être que l’artiste voit des choses que la plupart des gens ne voient pas. Une question de regard. Et Argos est le nom du chien d’Ulysse, le seul à le reconnaître à son retour en Ithaque. Ce lien m’amusait ! »

Le jeu ou en tout cas le décalage sont très présents dans votre travail ?

R. F. : « Je suis un peu joueur, oui. Investir la collégiale était une sorte de défi, il a fallu trouver une solution pour fabriquer un parcours, créer une circulation entre mes œuvres et ce qui est en place ici. J’ai pris le parti d’installer un socle pour nombre de mes pièces et d’ajouter des moquettes de couleur ! L’intérêt réside dans le fait que les pièces continuent de faire leur effet, même si tu les mets un peu à mal. Ce goût pour l’humour, le décalage, la fantaisie est issue des figures du surréalisme qui m’ont marqué »

L’exposition témoigne aussi de votre rapport aux objets du quotidien ?
R. F. : « Il faut obéir aux épluchures, écrit Gaston Chaissac. Je suis d’accord avec ça. J’ai toujours eu du pif pour renifler ce qu’il pouvait y avoir de beau dans les choses ou objets laissés pour compte. J’aime l’idée de mêler à la fois les cultures vernaculaires et populaires à la grande histoire de l’art. Cela induit à la fois du détournement et une manière de changer les échelles. »

Vous puisez aussi vos inspirations dans l’histoire de l’art ?

R. F. : « J’ai une passion profonde pour l’art et notamment pour la sculpture ; mon travail en est évidemment imprégné et renvoie souvent à une inspiration ou à un courant dans l’histoire de l’art. J’ai également été très marqué par le surréalisme, mais mon rapport aux objets du quotidien convoque évidemment le Bauhaus. On peut citer enfin l’Arte Povera, dans sa volonté de rendre signifiant des objets insignifiants. »

Vous privilégiez donc dans votre travail le geste créatif au matériau ou à l’œuvre fini ?
R. F. : « Pour que ça m’intéresse, il faut que je sente une limite, un état d’urgence, le côté instinctif. De ce point de vue, c’est le matériau qui te donne ton temps de fabrique. J’aime l’idée d’intégrer le process du matériau. »

Informations pratiques

Exposition Argos, à la collégiale Saint-Martin, Angers
Jusqu'au 6 janvier 2019

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