Objectif emploi : ce que fait le Département pour l'insertion professionnelle

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Immersion en entreprise, formation qualifiante, financement de contrats aidés… Chef de file de l’insertion, le Département accentue son action et expérimente de nouveaux dispositifs pour rapprocher les personnes exclues du monde du travail des secteurs qui recrutent.

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« Chaque année, nous recrutons six à dix préparateurs de commandes et caristes, et quatre à six chauffeurs-livreurs sur notre plateforme de Saint-Barthélemy-d’Anjou. » Dix jours après le début de la

formation Prépa Rebond Logistique, la directrice de la zone Bretagne-Normandie-Loire de France Boissons, Marina Despas, a fait le déplacement, à Écouflant.
Une douzaine de personnes, demandeurs d’emploi, bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) ou jeunes de 18-24 ans, sont inscrites à ce dispositif de l’Afa formation, qui dure jusque mi-mars. Une initiative cofinancée par le Département afin d’accompagner et d’encourager l’insertion professionnelle dans ce secteur en plein essor.

Photo : Bertrand Béchard.


« Nous venons présenter nos métiers car nous sommes constamment en recherche de futurs collaborateurs, reprend Marina Despas. Nous insistons sur l’évolution possible en interne. » Des responsables de Scania, Valeo, Elivia, Evolis, Inter Cosmétiques interviennent aussi régulièrement à l’Afa formation.

« C’est l’occasion de dédramatiser le contact avec les employeurs potentiels, nous travaillons avec nos stagiaires comme s’ils étaient en emploi », précise Laurent Jeannot, formateur et responsable logistique.

« Je me suis retrouvée au chômage après avoir travaillé comme agent d’entretien pendant plusieurs années, témoigne Vanina, 42 ans. Je vois trois à quatre offres par jour dans ce secteur, mais il me manquait des compétences et des certifications que je vais obtenir grâce à cette formation qualifiante. »

Un dialogue permanent avec les branches professionnelles

À l’image des métiers de la logistique, plusieurs secteurs de l’économie peinent à recruter en Maine-et-Loire, alors qu’en parallèle le nombre de demandeurs d’emploi reste élevé. Face à cette problématique récurrente, le Département a souhaité renforcer ses actions d’insertion, pour remettre l’emploi au cœur des parcours des bénéficiaires du RSA. En parallèle du versement de l’allocation, plus d’une centaine de dispositifs, telle la Prépa Rebond, sont mis en place afin d’aider les personnes à sortir de la précarité et à retrouver le chemin de l’emploi : chantiers d’insertion, actions de formation, visites d’entreprises, club chercheurs d’emploi


Chaque demandeur bénéficie d’un suivi adapté
, mis en œuvre notamment par les conseillers emploi-formation du Département. « Notre mission est de faciliter le retour à l’emploi des bénéficiaires du RSA, explique Nadine Chaplet, conseillère emploi-formation. L’objectif est de les aider à dépasser les difficultés qu’ils peuvent rencontrer, à les rendre acteurs de leur recherche d’emploi grâce à un parcours personnalisé adapté. Notre volonté est d’adopter une démarche pro active en leur proposant des offres ou des formations avec des rendez-vous réguliers, nous sommes des porteurs de
solutions
», complète-t-elle. Les conseillers développeurs insertion et emploi mènent en effet une veille rigoureuse de l’activité économique afin de répondre aux évolutions de l’emploi. Ils sont en dialogue permanent avec les branches professionnelles pour co-construire des solutions de rapprochement entre les attentes des entreprises et les profils des publics. Ainsi, pour faire face aux problèmes d’embauche du secteur de l’industrie mécanique et métallurgique, des ateliers découverte ont été
initiés, menés en partenariat avec des entreprises. Ils permettent aux bénéficiaires de s’informer concrètement et de rencontrer des professionnels en vue d’intégrer ensuite un parcours de formation.

les actions d'insertion du Département  bénéficient d’un co-financement du Fonds social européen dans le cadre du programme « Emploi et Inclusion » 2014-2020.

 

Sur notre territoire, 25 % des offres d’emploi restent non pourvues, notamment dans les secteurs de la logistique, de l’hôtellerie-restauration, de l’agriculture et des travaux publics. Paradoxalement, une partie de nos concitoyens est encore bénéficiaire du RSA. C’est pourquoi le Département innove pour sans cesse adapter son offre aux besoins des entreprises et aux compétences de ces demandeurs. Pour cela, nous dialoguons avec tous les acteurs économiques, sociaux, politiques, qui ont à coeur de remettre l’emploi au centre des parcours des bénéficiaires. Alors que l’État s’est désengagé des contrats aidés en secteur marchand, notre territoire a décidé de les maintenir et de les subventionner. C’est l’une des illustrations fortes.

Gilles GroussardSecrétaire départemental chargé de l’insertion

 

Identifier les besoins de chaque territoire


Juliette a décroché un job dans l'hôtellerie suite à sa formation. Elle passe actuellement son permis avant de signer un nouveau contrat à Saumur. Photo : Philippe Noisette


À chaque bassin d’emploi, ses spécificités… et ses besoins, auxquels le Département s’attache à répondre. Le tourisme représente près de 13 000 emplois en Anjou.
Et dans le Saumurois, les restaurateurs et les hôteliers manquent de candidats. À Gennes, Juliette, 38 ans, est sortie du Centre de formation professionnelle (CFP) du Verger à l’été 2018 avec un diplôme d’hôtellerie en poche. Elle y a suivi une nouvelle formation de 455 heures, cofinancée par le Département et la Région, alternant cours théoriques et mise en situation professionnelle. De juin à novembre, elle a ensuite travaillé sur un poste saisonnier, en tant qu’agent d’hôtellerie à l’hôtel Ibis de Saumur. Un contrat de 25 heures par semaine qui lui a laissé du temps pour s’occuper de ses enfants, âgés de six et dix ans. « Sur les sept bénéficiaires, toutes ont décroché des contrats longs après leur formation », assure Nadine Foulon, la directrice de l’association. Convaincue par sa première  expérience, Juliette devrait retrouver le chemin de l’Ibis à l’été prochain. « Cela m’a permis de me prouver que je valais quelque chose », raconte la jeune femme. Son employeur compte d’ailleurs solliciter à nouveau le CFP pour étoffer son équipe.

Susciter des vocations

Agrimouv' fait découvrir aux bénéficiaires du RSA les métiers de l'agriculture à travers des visites d'exploitation, comme ici, aux Ponts-de-Cé. Photo : Bertrand Bechard

Favoriser le retour à l’emploi repose aussi sur la coordination et la mobilisation de tous les partenaires : État, collectivités, Pôle emploi, Caf, MSA, chambres consulaires...), avec qui un Pacte territorial pour l’insertion a été signé.
Soutenue par le Département et pilotée par l’Anefa et le Comité départemental de l’emploi 49, la démarche Agri’mouv 49 illustre bien cette nouvelle synergie locale. Ce jeudi de décembre, Damien
foule les terres des Pépinières Lepage aux Ponts-de-Cé, après avoir découvert l’entreprise Ernest-Turc. Cet ancien salarié de la restauration réfléchit à une réorientation en agriculture. « J’ai fait une sorte de bilan de compétences et l’agriculture est ressortie, alors je suis là ! » sourit-il. À peine la visite démarrée, les questions fusent : « Vous embauchez ? » « Il faut être qualifié ou pas ? » Puis les participants écoutent attentivement le responsable décrire les 35 hectares de l’exploitation.
L’été, plus de deux millions de plantes sont ici rempotées, portant l’effectif à une quarantaine de salariés. « On essaie de fidéliser des saisonniers, peu ou pas qualifiés, aux gestes de base, on ne refuse jamais une candidature », souligne Julien Bergé-Devienne.
Ceux qui le souhaitent pourront monter leur projet agricole ou rejoindre une immersion Adema, « une action proposée aux candidats novices en agriculture », indique Camille Leperlier, coordinatrice d’Agri’Mouv 49. Avec cette visite, les conseillers espèrent susciter des vocations, sensibiliser à des métiers pourvoyeurs d’emplois et encourager une insertion durable, avec l’obtention d’un contrat.

CUI, une bonne raison d’embaucher

Photo : Bertrand Béchard

À Montreuil-Juigné, Jocelyne Jaffrennou, conseillère emploi-formation, a rendez-vous avec Valérie Gentilhomme, patronne de la charcuterie du même nom, et Sayamand, aide cuisine et plonge dans l’entreprise depuis mai dernier. Ce réfugié syrien, âgé de 32 ans, arrivé en France il y a deux ans, a été embauché en Contrat unique d’insertion - Contrat initiative emploi (CUI–CIE), 35 heures par semaine, du mardi au samedi. « J’ai connu Sayamand par l’intermédiaire d’un autre commerçant. Comme les candidats ne sont pas nombreux, je l’ai accueilli avec grand enthousiasme », se rappelle Valérie Gentilhomme, qui s’était aussi rapprochée de Jocelyne Jaffrennou pour lui faire part de ses difficultés à trouver du personnel. C’est cette dernière qui a sensibilisé la dirigeante au CIE. Destiné au secteur marchand et réservé aux allocataires du RSA, ce contrat aidé est aujourd’hui exclusivement subventionné par le Département. Véritable coup de pouce aux employeurs, il les aide à embaucher grâce à une aide pouvant atteindre 480 euros par mois ou grâce à une aide de 32 % du SMIC horaire brut, tout en offrant aux bénéficiaires l’opportunité de devenir des salariés à part entière avec la signature d’un contrat à durée déterminée ou indéterminée.

Témoignage

« Mener un projet passionnant »

Auparavant bénéficiaire du RSA, Alain Redureau a créé son propre emploi : il est aujourd’hui le patron de Ma petite ferme chez vous, à Gesté.

« Ma devise, c’est le bien-être et le respect animal. Lorsque j’ai monté Ma petite ferme chez vous, en 2015, à Gesté, avec ma femme Odile, nous voulions ouvrir une entreprise d’éco-pâturage et d’évènementiel animalier, témoin de nos valeurs que je défendais déjà lorsque j’étais propriétaire du parc et conservatoire de la Bottière, à Saint-Crespin-sur-Moine. La Boutique de gestion pour entreprendre (BGE) nous a aidés dans cette création, m’a orienté pour repasser des capacités (transport, conservation d’animaux) et m’a permis d’obtenir ponctuellement quelques aides. Aujourd’hui, nous sommes cinq permanents, dont un apprenti, et notre équipe monte à quinze
personnes lorsque nous nous déplaçons sur des évènements.
Au total, nous avons 600 animaux que nous chouchoutons. Vaches Highland, ânes Pie d’Irlande, alpagas, chèvres des fossés, et moutons se succèdent par exemple pour entretenir les espaces. Nous menons toutefois un projet qui nous passionne, alors on s’accroche ! »

www.ma-petite-ferme-chez-vous.fr
Cofinancée par le Département, la BGE des Pays de la Loire conseille et accompagne,
chaque année, plus de 1 000 personnes vers la création de leur entreprise.
aidecreationentreprise.fr

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