Rencontre avec trois œuvres du bestiaire de Nicolas Darrot

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Au musée Joseph-Denais, à Beaufort-en-Anjou, les œuvres de l’artiste plasticien issues de l'exposition « Multivers, anymhal d'or » trouvent un écrin idéal dans ces murs aux allures de cabinet de curiosités. Rencontre avec quelques-unes des espèces, aussi ludiques qu’énigmatiques.

Photo : musée Joseph Denais

Article publié dans Maine&Loire magazine de juillet 2019

Cabinet de curiosités - Molécule Éden, 2016


Ce serpent lové en anneau sur un socle en savon, fait référence à la figure maléfique du Jardin d’Éden. « J’aime jouer entre l’échelle très locale du cabinet de curiosités et quelque chose de beaucoup plus vaste, de plus cosmique », explique l’artiste plasticien Nicolas Darrot. Le cabinet de curiosités du XIXe siècle, c’est justement l’image qui frappe lorsque l’on pénètre dans le musée Joseph-Denais. Sciences, beaux-arts, archéologie, histoire locale… Le musée de Beaufort-en-Anjou présente une collection dense et hétérogène. Cet été, il a donc donné carte blanche à Nicolas Darrot, qui y présente son exposition « Multivers, anymhal d’or ». L’artiste évoque un « rapport très fort » entre le lieu et son travail. « Beaucoup de registres différents se mêlent dans ce musée. J’ai toujours une sorte de vertige avec ses collections, car on ne sait pas où cela s’arrête. »

Œuvres vivantes - La Nuit et le Moment, 2016


Nicolas Darrot a imaginé un projet hors du temps pour préserver une famille d’animaux particulièrement menacée : les insectes. « La Nuit et le Moment » est un ensemble de dessins, de prototypes et de photographies qui illustrent cette fiction loufoque. L’idée : mettre les insectes en orbite dans des capsules spatiales, afin qu’ils puissent vivre et se reproduire à l’infini. Une occasion pour le visiteur de faire connaissance avec des drôles de bêtes électroniques… et « vivantes ». Car l’originalité du travail de Nicolas Darrot, c’est qu’il joue avec la mécanique, la programmation et le développement informatique pour animer ses oeuvres. « Le privilège de l’art est de ne pas fixer de limites », avance-t-il.

La science comme inspiration - Misty Lamb, 2016


Cette oeuvre renvoie à l’agneau mystique de la Bible : « Il représente l’espoir des hommes d’une rédemption à travers une forme animale. » Le corps de l’animal est enveloppé par la brume sous les yeux du visiteur. « Le vivant prend ces temps-ci une dimension particulière parce qu’il est menacé par l’homme », explique Nicolas Darrot, pour qui les sciences sont « un sujet d’inspiration ». Avec différents moyens plastiques, il manipule les matières et les techniques pour insuffler du poétique dans des mises en scène où le spectacle rejoint le conte, où l’animalité rejoint l’homme.

Plus d'information

Exposition Multivers, anymhal d'Or
Jusqu'au 11 novembre au musée Joseph Denais
Informations pratiques

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