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Une sage-femme de PMI volontaire en Guyane

  • Santé

Héloise Dore est sage-femme au sein du service PMI du Département. Elle travaille à la MDS Angers Est et Sud Loire. Elle s'est rendue ces dernières semaines en Guyane, afin de soulager un peu le personnel fortement mobilisé par la crise sanitaire. De retour de cette mission menée avec l’ONG Actions Santé Femmes, elle revient sur cette expérience enrichissante.

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    Quel est le but de votre mission en Guyane avec l’ONG Actions Santé Femmes ?

    L’ARS a lancé un appel fin juillet relayé par Gynécologue sans frontière et Actions Santé Femme pour renforcer les équipes hospitalières de Guyane. Avec la crise sanitaire, les équipes de remplacement venant de métropole n’ont pas pu être mobilisées. Ça permet normalement au personnel médical sur place de souffler un peu, de prendre leurs congés. D’autant qu’il y a de plus en plus de naissances là-bas. J’ai donc demandé une disponibilité au Département, du 28 septembre au 14 octobre pour pouvoir rejoindre les équipes des services de maternité là-bas. Ma hiérarchie a été tout de suite partante et je dois dire que c’est très agréable de sentir soutenue. Début octobre, nous sommes donc 12 volontaires de métropole à être partie avec l’ONG.

    Qu’est-ce qui vous a motivé pour participer à ce projet ?

    Après 10 ans sans avoir pratiqué de soins hospitaliers, c’était l’occasion de revenir sur le terrain. J’avais vraiment envie d’aider les collègues sur place, de découvrir de nouvelles cultures, de nouvelles approches de la maternité, de l’accueil de l’enfant… j’ai donc rejoint le service de grossesse pathologique du Centre hospitalier Andrée Rosemon à Cayenne.

    Comment les femmes enceintes sont suivies et pris en charge en Guyane ? Est-ce si différent de la métropole ?

    La population est évidemment très différente et la prise en charge aussi. Dans le service de grossesse pathologique, beaucoup de femmes viennent de communautés isolées, vivant près des fleuves. Elles sont très peu suivies. Au huitième mois, elles sont emmenées en pyrogue ou par avion jusqu’à Cayenne où elles sont hospitalisées jusqu’à l’arrivée du bébé. Il y a une mixité très importante : créoles, noirs marrons, amérindiens, h’mongs. Certaines ne parlaient que très peu français mais on se débrouillait toujours pour communiquer, via les collègues qui maitrisaient le créole, jusqu’à Google traduction quand on avait pas le choix.
    Le taux de mortalité infantile est trois fois plus important en Guyane qu’en Métropole parce que les femmes ne sont pas suivies. Il y a deux fois plus d’accouchements prématurés. Certaines arrivent avec une forte hypertension, de l’anémie… j’ai fait plus de transfusion en deux semaines que dans toute ma carrière de sage-femme !
    Il y aussi beaucoup de mineures, enceintes à 14, 15 ou 16 ans. Très souvent, plusieurs femmes de la même famille étaient hospitalisées en même temps : la tante, la mère, la fille… J’ai pris en charge des femmes qui avaient 8, 9 ou 10 enfants.

    Votre travail est-il impacté par le coronavirus ? Et si oui comment ?

    Pour ma première semaine, j’étais dans le service maternité covid où l’on accueillait des femmes enceintes positives au coronavirus. Elles étaient pour la plupart asymptomatiques mais devaient rester isolées. Sans télévision, sans internet, l’attente était très longue pour elles et difficile à supporter. D’autant plus difficile, que la communauté a une place très importante ici et que les proches parfois hospitalisés ne pouvaient pas venir les voir.
    La deuxième semaine, le service covid a fermé. Les patientes ont donc été placées dans le service de maternité pathologique avec les autres femmes. Il a fallu redoubler de vigilance dans ce contexte pour éviter la propagation dans le service.

    De retour en métropole, que retirez-vous de cette expérience ?

    Je retiens beaucoup de choses, des rencontres, des moments forts. D’ailleurs je garde contact avec mes collègues là-bas. J’ai aussi vu une misère importante qu’on ne rencontre pas ici.
    Il y a une importante population guyannaise qui fréquente la MDS d’Angers est. Je vais être heureuse de pouvoir les retrouver. Et pourquoi pas repartir faire une mission dans quelques temps…

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