Violences conjugales : tous mobilisés !

  • Solidarités

Face à l'augmentation des cas recensés de violences faites aux femmes, le Département de Maine-et-Loire souhaite sensibiliser un maximum de personnes à ces situations dramatiques et centraliser les informations utiles. Chacun a un rôle à jouer pour aider et lutter contre ces violences.

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    Un contexte propice à l'augmentation des violences

    +15%

    d'augmentation du nombre d'appels sur la plateforme nationale dédiée aux signalements des violences conjugales, sexistes et sexuelles depuis le reconfinement.

    Le contexte économique, les difficultés sociales et l'isolement favorisent voire accentuent les tensions intrafamiliales et notamment les violences conjugales. Les premiers retours montrent déjà une nouvelle augmentation des signalements depuis quelques semaines.

    Le Département est particulièrement attentif à la sécurité et aux droits des publics les plus fragiles. A ses côtés, les professionnels et les partenaires de terrain souhaitent attirer l’attention et se mobiliser autour du risque d’une accentuation des tensions et violences au sein des foyers.

    Si vous êtes victimes de violences, si vous connaissez une proche concernée, si vous vous questionnez sur comment l’aider, le Conseil départemental du Maine-et-Loire met à votre attention des informations et contacts utiles pour signaler ou fuir ces situations de danger.

    Le témoignage

    Vanessa Le Derff
    Agent départementale missionnée auprès de la gendarmerie

    Pouvez-vous vous présenter ? Quelles sont vos missions au sein de la gendarmerie ?

    Je suis Vanessa Le Derff, intervenante sociale au groupement de gendarmerie depuis 13 ans maintenant. Je suis agent du Département et mise à disposition pour venir en aide au public qui fait appel aux gendarmes.
    Mes missions se concentrent autour de l’évaluation et de l’orientation des personnes ou des familles. La plupart du temps, les gendarmes me sollicitent suite à une intervention pour des violences conjugales ou intrafamiliales. J’accompagne les victimes de façon ponctuelle avant de les diriger vers des collègues en Maisons Départementales des Solidarités (MDS) ou des partenaires pour un accompagnement plus long, le tout dans la confidentialité.
    Je suis à l’interface entre les services des forces de l’ordre et les services sociaux. Les collègues du Département peuvent notamment me contacter pour répondre à des usagers qui souhaitent s’informer sur le dépôt de plainte.
    Et je suis également de plus en plus sollicitée par les professionnels en MDS qui se questionnent sur les violences conjugales, les procédures, l’accompagnement. Par exemple, comment réagir face aux comportements de certaines femmes qui veulent retourner chez leur conjoint violent ?

    Avez-vous constaté une augmentation du nombre de victimes et de plaintes pour violences conjugales ?

    Depuis le Grenelle des violences conjugales qui a eu lieu fin 2019, oui il y a clairement une hausse. Une hausse du nombre de victimes, mais pas forcément de dépôt de plaintes. Les victimes n’ont pas forcément besoin de s’engager dans une procédure pour aller vers une prise de conscience et une séparation Et c’est là où notre rôle, c’est d’accompagner, sans forcément aller jusqu’à la plainte...
    La plainte reste pour beaucoup culpabilisante, il y a une peur des représailles, de mener le conjoint jusqu’à l’incarcération. Il faut toute une préparation par rapport à ça. Leur rappeler que c’est bien elles les victimes, que c’est important de poser la loi.
    Mais ce qu’il faut retenir de ces violences, c’est qu’elles concernent aujourd’hui toutes les catégories sociales, toutes les classes d’âge.

    Les violences conjugales concernent aujourd’hui toutes les catégories sociales et toutes les classes d’âge.

    Comment accompagnez-vous les femmes victimes de violences ?

    On intervient dans des situations de crise. Les émotions sont à vifs et il y a besoin de les exprimer. Ce sont des entretiens où je vais beaucoup écouter. Accueillir ce qui est dit et ne pas juger. Ensuite tout dépend de là où en est la victime. Certaines ne seront pas du tout prêtes à quitter leur conjoint, à porter plainte. Elles vont vouloir sauver leur couple. A la demande de certaines femmes, quand les violences ne sont pas physiques, je peux avoir un entretien avec le conjoint. Cela peut conduire vers une thérapie de couple quand le contexte n’est pas trop violent.
    Quand ce n’est plus envisageable pour elles de rester. Je peux être amenée à les voir plusieurs fois. On travaille sur la prise de conscience dans le temps, je les accompagne vers la séparation et je les oriente vers les services appropriés : logement, aide juridique, requête pour la garde des enfants…

    Le deuxième confinement, bien que différent, peut-il faire craindre de même une hausse des violences au sein du couple ?

    Au niveau de la gendarmerie en Maine-et-Loire, nous n’avons pas constaté de hausses spécifiques au confinement. Par contre, il y a plus de conflits oui. Ce que je perçois sur cette nouvelle période de confinement, c’est que si l’idée de se séparer sommeillait déjà, le processus de séparation s’accélère. C’est surtout le cas pour des personnes victimes d’insultes, de dévalorisation, de dénigrement. C’est ce qu’on appelle les violences psychologiques et morales. Elles font autant de dégâts et c’est d’autant plus difficile d’aller porter plainte pour les victimes, parce qu’elles ont l’impression qu’on ne va pas les prendre en compte.  

    Quels conseils donneriez-vous à une femme victime de violences à son domicile ou ailleurs ?

    De ne pas rester seule avec ça. De mobiliser les ressources qu’elle a, rester en contact avec ses amis, sa famille. Je lui conseillerai d’appeler les forces de l’ordre pour tout acte violent. De me contacter ou de contacter Bénédicte Dumont ou Sarah Desnaud, intervenantes sociales auprès de la police. On respectera son rythme. Je lui dirais qu’elle fait certainement du mieux qu’elle peut et qu’il faut qu’elle garde confiance. Parce que dans ces situations, il y a une forte perte de l’estime de soi.

    Le Département reste mobilisé

    Pour un accompagnement social ou une prise en charge médicale ou des conseils concernant votre santé, votre couple ou des violences sexuelles subies :

    • Trois assistantes sociales spécialisées sont missionnées par le département et sont à votre écoute pour faire le point et vous orienter vers les services et les aides appropriés (logement, alimentation, travail, budget, gestion familiale…)
      • Vanessa Le Derff (06 14 05 09 01), assistante sociale mise à disposition auprès de la gendarmerie.
      • Sarah Desnaud et Bénédicte Dumont (06 89 83 56 66), assistantes sociales mises à disposition auprès de la police.
    • Les Centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) du département maintiennent un accueil téléphonique. Ils peuvent vous orienter en cas de besoin vers les CPEF rattachés aux hôpitaux d’Angers, Cholet et Saumur qui maintiennent un accueil physique. Des médecins, infirmières ou conseillères vous y attendent.  
      • Les Maisons départementales des Solidarités (MDS) maintiennent des permanences téléphoniques.

      Numéros et plate-formes d’urgences nationaux

      Les outils cités ici sont tous anonymes et gratuits.
      Les sites disposent tous d’un bouton permettant de quitter rapidement le site et d’effacer son passage dans l’historique.

      Le 3919

      Du lundi au samedi de 9 à 19h
      Ce numéro d’écoute et d’orientation de référence s’adresse aux femmes victimes de toutes formes de violences. Des professionnels formés écoutent et orientent les femmes vers un accompagnement spécialisé.
      Appeler le 3919

      Signaler une violence en ligne

      24h/24, 7j/7
      Une plateforme nationale vous permet d’échanger en direct avec un policier ou un gendarme spécifiquement formé à la prise en charge des victimes de violences sexuelles et sexistes.
      Accéder au téléservice

      Sos Viols Femmes Informations

      du lundi au vendredi de 10h à 19h
      Ce numéro est destiné aux femmes victimes de viols ou d'agressions sexuelles, à leur entourage et aux professionnels concernés.
      0 800 05 95 95

      114

      24h/24, 7j/7
      Si le contexte du foyer rend difficile l'appel téléphonique, les victimes peuvent envoyer un texto au 114 pour signaler leur situation. Ce numéro, développé pour les personnes sourdes et malentendantes souhaitant signaler une urgence, est étendu aux victimes de violences conjugales dans le contexte du confinement. Le 114 peut aussi ouvrir un Tchat ou un appel visio.
      114
      114 mode d'emploi

      Police

      En cas d’urgence, vous pouvez bien entendu contacter la Police.
      Appeler le 17

      Les acteurs de terrain en Maine-et-Loire

      Voici un recensement des organismes, associations, et collectifs engagés sur notre territoire. Certains d’entre eux, financés par la collectivité en temps normal, sont des partenaires de longue date. Mais nous faisons ici le choix de recenser un maximum d’acteurs de terrain mobilisés en cette période difficile. Ces contacts ont été vérifiés et continuent leurs missions selon les modalités décrites ci-dessous.

      Centre d’information sur les droits des femmes et des familles

      Le CIDFF49 dispose d’une équipe de juristes. L’équipe informe les victimes sur leur droit et offre un accompagnement global pour les démarches policières, judiciaires, médicales, sociales et professionnelles.
      Tel. 02 41 86 18 04 (du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30 et les lundis, mardis et jeudis de 13h30 à 16h30)
      Mail :cidff49@orange.fr 

      SOS Femmes 49

      SOS femmes 49 vous écoute et propose de trouver un hébergement d'urgence.

      A Cholet, des permanence sont organisés tous les jeudis après-midi et des rdv en présentiel au centre social Pasteur
      A Saumur les RDV ont lieu en présentiel à la MDS du Grand Saumurois

      L’équipe de professionnelles renforce son écoute téléphonique durant la période de confinement.

      Tel.02 41 87 97 22 (de 9h à 12h et de 13h30 à 17h (sauf le mardi matin.)
      Mail :accueil@sosfemmes49.fr

      France Victimes 49

      L’association reste mobilisée pour accompagner toute victime d’une infraction pénale (situation urgente ou non). Elle propose une information juridique gratuite à toutes les victimes d'infractions pénales ayant ou non déposées une plainte et un soutien psychologique gratuit et un accompagnement tout au long de la procédure pénale.
      Tel. 02 41 20 51 26 (du lundi au vendredi de 9h à 18h)
      Mail :contact@france-victimes49.com

      Association d‘Aide aux Victimes d’Abus Sexuels

      Écoute, orientation et accompagnement psychologique sont assurés par les professionnels et les bénévoles de cette association, présente à Angers et Cholet. Pour toutes les personnes victimes de violences ou harcèlement sexuels, leurs proches ou les professionnels en contact avec une victime.
      Tél. lundis et mardis, permanence appel ou sms au 07 67 19 01 85. En dehors : laisser un message au 02 41 36 02 07. La ligne est relevée chaque jour et les personnes rappelées.
      Mail :aavas.asso@gmail.com 

      Citoyen à l’écoute, restons confinés mais attentifs aux femmes en danger. Restons en alerte face à la maltraitance.

      Voisins, proches : vous aussi, vous avez un rôle à jouer !

      Voisins, en cette période de confinement, soyez attentifs à ce qui peut se passer dans la maison, l'appartement, la pièce d'à côté. Et soyez solidaires. En cas de pleurs, de cris ou de bruits suspects : alertez en appelant le 17.

      Amis ou famille, contactez régulièrement vos proches afin de s’assurer que tout se passe bien. Soyez vigilants aux mots ou aux silences qui pourraient laisser à penser que votre proche ou votre amie est en danger !

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