De domaine privé à espace naturel sensible : histoire du Domaine de Boudré

Le Domaine de Boudré, un hippodrome, un espace boisé, un lieu de promenades ? En remontant les onze siècles de l'histoire du lieu, on découvre que Boudré a eu de nombreux propriétaires et usages au fil du temps.

Xe siècle : le domaine de Boudré est connu dès 970 comme propriété de l’abbaye Saint-Aubin à Angers. Puis il revient aux Rohan, propriétaires du château du Verger, proche du domaine.

XVIIIe siècle : le domaine est vendu comme bien national en 1791. Après de multiples phases d’achats et de ventes par différents propriétaires, les époux Gélineau prennent possession du domaine. A cette époque, le périmètre actuel de l’ENS ne compte que deux boisements au nord de Boudré.

XIXe siècle : en 1896, les époux Gélineau lèguent leur domaine au Département, avec l’objet suivant :

Le Département de Maine-et-Loire est légataire de tous les biens meubles et immeubles acquis au cours de notre communauté, à charge de créer une ferme modèle ou un asile pour les enfants nécessiteux et les vieillards, anciens agriculteurs des deux sexes.

Extrait du Testament des époux Gélineau, 1896


Au XIXe siècle, le massif forestier couvrait essentiellement le bois des Renfermés. L’actuelle propriété départementale n’était, quant à elle, quasiment pas boisée.

XXe siècle : le 1er janvier 1901, le Département jouit du domaine. Concernant la charge du legs, la commission départementale dans sa séance du 25 février 1930 décidait « d’attendre pour exécuter les clauses de donation, qu’un vieillard puisse être rencontré, pour être hospitalisé à Boudré, le manque de candidat étant pour le moment le seul obstacle au respect de la volonté des donateurs ».

Le domaine légué de 486 hectares comptait 110 hectares de bois. La plus grande partie du domaine était alors en terres louables. Depuis 1910, le Département loue à la Société des courses les terrains de l’hippodrome.

En 1944, le domaine est soumis au régime forestier sur environ 211 hectares. Depuis 1959, le Département loue son domaine de chasse.

Entre 1959 et 1982, le premier aménagement forestier du domaine départemental est mis en place sur une superficie de 207 hectares. La forêt était constituée de peuplements assez irréguliers, hétérogènes et inorganisés de pins maritimes, de taillis de chênes tauzin et des taillis sous futaie de chêne pédonculé.

En 1971, la société des Carrières de Seiches, filiale du groupe Pigeon, prend la suite des frères Salé pour l’exploitation du gisement de sable à proximité du hameau de Bré. En sept ans, l’entreprise passe d’une exploitation artisanale à une exploitation industrielle (80 000 tonnes par an). Les militaires du Génie d’Angers et la commune de Seiches-sur-le-Loir débutèrent l’exploitation dans les années 1860, avant les frères Salé.

Les années 1980
sont marquées par des travaux sur l’hippodrome et les premières plantations de peupliers sur l’île Bruneau et l’Humeline. Au cours de la période 1983-2002 est lancé le second plan d’aménagement forestier. En 1998, la surface bénéficiant du régime forestier passe à 287 hectares.

En 1985, les carrières de Seiches entament la première phase de réhabilitation des gisements sud et déplacent la zone d’extraction au nord (200 000 tonnes par an). Cette même année a lieu la première description de la ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique) Vallée du Loir.

Les années 1990-2000 sont marquées par l’essor de la plantation de peupleraies. En 1990, le Département met à la disposition de la commune de Seiches-sur-le-Loir des parcelles pour la création d’un parcours santé et d’un terrain de bi-cross. En 1995, les carrières de Seiches demandent une autorisation pour exploiter 250 000 tonnes de sable à la suite de la pénurie que connaît le marché angevin, conséquence de l’arrêt de l’extraction de sable en Loire.

XXIe siècle : un audit du potentiel de valorisation touristique est réalisé en 2004. L’année suivante, les Carrières de Seiches cessent l’exploitation du gisement de sable. Les derniers travaux concernent le démantèlement des outils et la végétalisation de la zone.

Le troisième plan d’aménagement forestier, pour une surface de 286 hectares, est lancé pour la période 2006-2025.

En 2013, le site a été classé en espace naturel sensible.

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