Fabrice Amédéo, aventurier de l'extrême

Fabrice Amédéo, route du Rhum
© Jean-Marie Liot

Enfant de Segré, Fabrice Amédéo sera au départ du prochain Vendée Globe. Un accomplissement pour le skipper de Newrest-Matmut, dont les vertes années en Anjou Bleu ont rimé avec grand bleu.

À quelques semaines d’embarquer pour la plus grande aventure de sa vie de marin, Fabrice Amédéo a le moral au beau fixe, comme la météo dans le ciel de La Trinitésur- Mer, son ultime port d’attache. « Je suis bien, très zen. La vie est une fête et j’ai énormément de chance, car je vais réaliser le rêve de ma vie, lance le skipper de Newrest-Matmut. Le Vendée Globe est la plus belle et grande chose que je puisse réaliser en tant que marin et quasiment en tant qu’homme sur cette terre. »
Mais au fait, comment un gamin de Segré, devenu journaliste au Figaro, se retrouve-t-il un jour au départ du Vendée Globe ? « La voile, c’est une  histoire de famille. Tous les week-ends estivaux, nous quittions Segré pour aller naviguer dans la baie de Quiberon. J’adorais être sur un bateau. » À l’adolescence, il fait équipage avec son père sur des régates d’entraînement l’hiver, le Spi Ouest-France ou encore la Fasnet, entre l’Angleterre et l’Irlande.

Toujours plus loin, toujours plus haut

 

« En 2002, à la fin de mes études, alors que je débute ma carrière de journaliste au Figaro, mon père achète un bateau et me dit : je te le mets à disposition, à toi de recruter l’équipage et de chercher un sponsor pour payer les voiles. Ç’a été le déclic. » Il monte alors projet sur projet, avec toujours l’obsession d’aller toujours plus loin et de repousser ses limites.

J’ai énormément de chance, car je vais réaliser le rêve de ma vie.

Solitaire du Figaro, Route du Rhum, Transat Jacques Vabre… Fabrice Amédéo est un homme pressé et déterminé. « Au début, les gens me regardaient un peu de travers, j’étais le journaliste de Paris qui débarquait de son TGV. Progressivement, ils se sont rendu compte que j’avais de la suite dans les idées. J’ai fait ma place, et j’ai toute ma légitimité aujourd’hui. »

Une force de caractère

Très attaché à ses racines, il fait souvent escale en Anjou Bleu. « Mes parents habitent à Sainte-Gemmes-D’indigné. J’y viens avec mes enfants, qui ont beaucoup de plaisir à passer du temps dans la campagne : se balader, faire du vélo dans le parc départemental de l’Isle-Briand. » Autant d’occasions de se remémorer sa propre enfance. « Il faut des traits de caractère pour partir sur le Vendée Globe. Je crois que j’ai développé certains d’entre eux pendant ma jeunesse à Segré : l’amour de la nature, le sport individuel, l’abnégation. Quand j’étais lycéen, je faisais de l’athlétisme et j’allais au stade cinq fois par semaine, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau. Aujourd’hui, quand il y a 30 noeuds dehors, on n’a parfois pas très envie de sortir le bateau pour s’entraîner, mais il faut y aller quand même. » Une force de caractère indispensable pour surmonter les épreuves qui l’attendent tout au long de ce tour du monde.

7 Comme le nombre de traversées de l’Atlantique au compteur de Fabrice Amédéo. « J’ai traversé la baie de Quiberon, ensuite j’ai fait des Transat, et aujourd’hui je m’attaque au tour du monde », confie le skipper.

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