Julie Martin, la tête dans les nuages

    Entrée à Terra Botanica il y a deux ans par le guichet « accueil », Julie Martin est aujourd'hui pilote du ballon captif du parc. L’une des rares femmes à exercer ce métier en France.

    Temps de lecture :  min.

      Passionnée d’équitation, la petite Julie Martin rêve de travailler avec les animaux. Elle ne se doute sûrement pas que c’est un tout autre genre de bête qu’elle domptera quand elle sera grande : le plus grand ballon à gaz au monde avec ses 34 mètres de hauteur. « Jamais je ne me suis dit que je ferais ce métier un jour », confirme-t-elle.

      Angevine de naissance, Julie Martin avait visité Terra Botanica en 2011, peu après son ouverture : « J’avais bien aimé le site. Une amie qui avait travaillé ici m’avait dit que l’ambiance était géniale… et c’est vrai ! » Après des études Tourisme et loisirs à l’Université d’Angers et des petits boulots dans le Maine-et-Loire, Julie Martin fait son entrée dans le parc du végétal la même année qu’un imposant collègue : le ballon captif, inauguré en juin 2015. Alors qu’elle travaille à l’accueil, on lui propose, à la fin de la saison, de passer sa licence de pilote de montgolfière. « J’étais très surprise, mais j’ai pensé que ce serait dommage de rater une occasion comme celle-là. »

      Montgolfière ou ballon captif ?

      Il existe six ballons captifs en France. Gonflés au gaz, ils sont rattachés au sol par un câble, qui les empêche de rejoindre la stratosphère. « La sensation à bord d’une montgolfière est plus souple, car elle suit la masse d’air, explique Julie Martin. Dans un ballon captif, on sent davantage les effets du vent : ce sont un peu les mêmes sensations que sur un bateau. »

      « Girl power »

      Plusieurs heures de vol (en compagnie d’un instructeur, puis en solo) au compteur et huit mois plus tard, Julie Martin devient officiellement aérostière, « la seule en activité en France lorsque j’ai passé mon diplôme », glisse-t-elle avant de laisser échapper un « Girl power ! » bien senti. Cela change-t-il quelque chose d’être une femme dans ce métier ?

      J’ai la chance d’avoir un cadre de travail exceptionnel.

      « Au début, je craignais de ne pas tenir la route physiquement : il faut porter les bouteilles de gaz, manoeuvrer la nacelle, forcer sur le winch… C’est la seule chose qui peut faire peur. »
      Finalement, ce « e » à la fin d’aérostier lui va très bien car « le monde de la montgolfière, c’est comme une petite famille ».
      Une fratrie dont le dernier né demande beaucoup d’attention : les pilotes de Terra Botanica sont tour à tour d’astreinte pour veiller sur le ballon, toute l’année. « Cet hiver, nous avons subi trois tempêtes en trois jours. Il faut être réactif et présent pour dégonfler le ballon si cela arrive. C’est un gros bébé qu’il faut surveiller. »

      Ni vent, ni orage

      55 000 passagers ont embarqué à bord du ballon captif de Terra Botanica depuis juin 2015, soit 4 200 vols.

      Lorsqu’elle prend de l’altitude, Julie Martin chérit particulièrement la vue privilégiée sur les basses vallées angevines. « J’ai la chance d'avoir un cadre de travail exceptionnel : je suis en l’air, libre, avec une vue magnifique. L’Anjou est une super région à survoler. » Seul bémol : la déception des visiteurs lorsqu’elle ou ses deux collègues ferment l’accès au ballon captif en raison des conditions météorologiques. « Parfois, ils ne comprennent pas pourquoi nous ne volons pas certains jours, ou pourquoi nous arrêtons de voler juste avant qu’ils montent dans le ballon. » En effet, même si le ciel est bleu, les pilotes doivent s’assurer que le vent souffle à moins de 25 km/h au sol (et à moins de 45 km/h à 150 mètres d’altitude) et qu’aucun orage ne se profile à l’horizon, car « ce phénomène météo peut arriver très vite sur nous ». Des conditions nécessaires pour profiter pleinement du panorama qu’offre le ballon du parc, et pouvoir, comme Julie Martin, être libre comme l’air.