En immersion dans la Mine bleue

    À Noyant-la-Gravoyère, le site touristique de la Mine bleue témoigne d’un temps pas si lointain où les hommes descendaient sous terre pour extraire l’ardoise, pierre emblématique de l’Anjou.

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      Visites et horaires

      Du 22 au 28 juillet, puis du 12 au 18 août, la Mine bleue accueille l'artiste plasticien Alex Massignac, qui crée des objets et des décors en ardoise.

      Jusqu'au 1er septembre, ouverture tous les jours de 10h à 18h30. Informations au 02 41 94 39 69.

      La Mine bleue se situe dans le canton de Segré, Lieu-dit La Gâtelière à Noyant-la-Gravoyère.

      Site Internet : http://laminebleue.com

      C’est un monde perdu, fiché à plus de 100 mètres sous terre, mais dont le territoire angevin porte la marque visible, du Segréen aux bords de Loire. L’ardoise qui compose les toits des habitations sur une majeure partie de l’Anjou a longtemps été extraite de son propre sol. Une histoire patrimoniale de mineurs que raconte, depuis son ouverture en 1991, le site de la Mine bleue, à Noyant-la-Gravoyère. En longeant la route depuis Segré, l’imposant chevalement de Bois II, vestige de l’exploitation des mines de fer, se profile sur la droite, du côté de Nyoiseau. Il faut faire encore quelques kilomètres sur d’étroites routes pour rejoindre une autre réalité minière, celle du schiste ardoisier. On passe le lieu-dit Misengrain, où le sous-sol a été exploité durant 155 ans, pour finalement se poser à La Gâtelière.

      Deux heures durant, la vie du fond se dévoile au gré d'une visite immersive.

      Pour s’immerger dans le quotidien des hommes du fond, il convient tout d’abord de s’équiper : le casque – bleu pour les adultes, blanc pour les enfants – est obligatoire. C’est le passeport pour l’ascenseur… Un privilège que n’ont pas connu les mineurs qui ont extrait l’ardoise ici, de 1916 à 1936. « Eux avaient 830 marches à emprunter, matin et soir. Il leur fallait près d’une heure à la remontée, qui n’était pas comptée dans la journée de travail », précise la guide.

      Retour à l’ascenseur, 52 secondes à sept km/h pour atteindre 116 mètres de profondeur et une première volée de marches. Le thermomètre affiche 13°C. C’est dans un petit train que l’on rejoint l’une des chambres d’extraction du site. Encadré par les jeunes visiteurs du jour, Denis, chef éclaireur, et Arthur, chef sécurité – pas plus de douze ans à eux deux – le groupe se familiarise vite avec la sémantique du fond : débitage, bordées (grand bloc de 700 tonnes) fractionnées en perdus, crapaud (chariot plat), parageot (le nom donné au binôme de mineurs)… On se représente la réalité des quelque 68 à 94 mineurs qui ont oeuvré sous terre, huit heures par jour, excepté le dimanche. Parmi eux, des adolescents de douze à seize ans, apprentis remplissant la mignonne, le wagonnet de déchets destiné à remblayer les chambres exploitées. Le tout pour un demi-salaire. La solidarité entre les hommes s’exprimait par le tutoiement ou l’adoption d’un sobriquet. Tous savaient que la schistose, maladie chronique, les emporterait probablement entre, 40 et 55 ans. En extérieur, le souvenir d’autres êtres vivants peuple la Mine bleue : des ânes du Cotentin utilisés à l’époque pour tracter les crapauds bardés d’ardoise.

      -126 m : C'est le point le plus bas sous terre, lors de la visite de la Mine bleue