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Laurence Bréheret, il était une voix...

  • Culture

C’est une voix qui compte. Tantôt « chaleureuse, douce, grave, rassurante ou sensuelle » au naturel. Son organe en a fait une des comédiennes de doublage les plus prisées du grand et du petit écran, ces 20 dernières années.

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    Article publié dans le magazine Anjou&Vous n°3 de janvier-février 2020

    Elle est Helena Bonham Carter, dans tous ses films depuis "Charlie et la Chocolatrie", réalisé par Tim Burton, et séries (la princesse Margaret de "The Crown"). Elle est Cersei Lannister (Lena Heady) dans "Game of Thrones". Elle est Tilda Swinton, Lily Evans (la maman d'Harry Potter) et plusieurs des personnages féminins de Miyazaki.

    "J'ai démarré le doublage pour ne pas avoir à courir après les cachets, mais j'y ai découvert ma voix et ma voie", appuie Laurence Bréheret. C'est un métier où il faut s'oublier, se glisser dans le corps et la respiration d'un personnage, instantanément. C'est un travail d'humilité où l'on apprend à écouter les autres.Formée à la fameuse école de la rue Blanche (Ensatt), à la fin des années 1980, puis à celle de Bouvard, rien ne prédestinait pourtant Laurence Bréheret à rejoindre les planches parisiennes.

    La jeune fille solitaire - dernière d'une fraterie de trois - qui faisait du patin à roulettes dans les ardoisières de La Pouëze n'avait pas l'aval de son père pour monter sur scène, aux premières heures des Tréteaux d'Émerance, la troupe locale. "ll voulait autre chose pour moi que ce qu'il considérait comme un métier de saltimbanque. Alors je mentais un peu : je voulais être sur scène, c'était ma famille. Je m'y sentais aimée, reconnue, utile", se souvient-elle. Pronfondément marquée par la longue maladie puis le décès de sa maman, Laurence ne pouvait être heureuse, mais "j'avais l'énergie qui me faisait trouver autre chose".

    Cette autre chose, elle l'a trouvé dans la comédie, en "montant" avec trois fois rien à Paris, après un DUT de carrières sociales à Tours. "J'avais l'envie d'être une star, d'exister", sourit-elle. "Mes motivations ne sont évidemment plus les mêmes aujourd'hui. J'ai le désir de communiquer, de partager", poursuit Laurence, qui a compris depuis longtemps que "l'important n'était pas le but, mais le chemin qu'on emprunte pour y parvenir"

    L'orée de son chemin artistique se trouve d'ailleurs non loin de son Segréen natal. "J'ai rencontré Jacques Santi, le réalisateur du premier film dans lequel j'ai tourné ("Flag"), lors du Festival d'Anjou, à l'époque de Jean-Claude Brialy." La suite est une hisoire de rencontres, de hasards. De ceux qui construisent autant une carrière sur la voix que sur l'image. "On m'appelle pour ma voix mais j'ai toujours continué de privilégier les tournages, à la télé ou au cinéma".

    Le théâtre lui a également offert de très belles émotions, sur les planches ou en tant qu'autrice. "Mon papa était venu me voir jouer au théâtre Bobino dans les années 1990. C'est la seule fois où j'ai perdu ma voix. Quand je vous dit que le corps parle..." Renforcée par "une succession de petites résiliences", portée par l'enthousiasme de ses deux enfants, Laurence Bréheret poursuit son petit bonhomme de chemin, sans jamais oublier l'Anjou. Elle a donné récemment sa cinquième et dernière pièce en date - "Satsang ! ou la femme du chevalier à l'armure rouillée" - dans son village natal. Pour y conter sa voie.

    En vidéo

    Biographie express

    • 1965 : naissance à Angers, enfance à la Pouëze
    • 1988 : école de la rue Blanche, à Paris
    • 1989 : premier doublage : Madonna "Il était une fois Broadway"
    • 2005 : double Helena Bonham Carter "Charlie et la chocolatrie"
    • 2011-2019 : voix de Cersei Lannister "Game of Thrones"
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