Céleste Richard-Zimmermann
Née en 1993 à Mulhouse, Céleste Richard-Zimmermann est diplômée de l’École des Beaux-Arts de Nantes.
Empruntant ses sujets à la culture populaire ou à celle des images, l’artiste se réapproprie des mythes et des croyances, qu’elle transforme en fables tragi-comiques. Elle analyse notamment les comportements humains par le biais de ceux des animaux, privilégiant l’usage de l’anthropomorphisme, du grotesque et du détournement d’images. S’exprimant à travers une variété de médiums (sculpture, peinture ou installation), elle révèle une humanité en proie à des rapports de force et de contradiction, interrogeant les fondements de la vie sociale. Observatrice du monde qui l’entoure, Céleste Richard-Zimmermann dépeint l’actualité avec finesse et humour.
Au cours de sa résidence artistique à la maison du Potier, elle crée une série de tirelires zoomorphes aux formes de patte d’ours, de licorne, de dragon, mettant en parallèle la fabrication de la céramique et celle de la monnaie. C’est ce travail que nous vous invitons à découvrir, dans un décor incluant des œuvres sélectionnées par l’artiste dans la collection du Fonds régional d’art contemporain.
Exposition à venir
- 2026 : Toutes les colonnes n’ont pas un cœur de pierre, Palais de Tokyo, Paris
Ses précédentes expositions
- 2024 : Ashes to stitches, Centre d’Art Zoo, Nantes
- 2023 :
- Aguardente, MAMAM, Recife, Brésil
- Tout brûler, tout semer, Le Carré, Centre d’Art Scène Nationale, Château Gontier
- Lost Dog United, Budapest Gallery, Budapest
- 2022 : Blue Screen of Death, Blockhaus DY10, Nantes
- 2021 : CAVE CANEM, Galerie RDV, Nantes
- 2019 : MAKE CORN BLUE AGAIN, Galerie RDV, Nantes
« Comme on frappe la monnaie on brise la tirelire »
La représentation de l’argent traverse l’exposition en la présence de petites ou grandes pièces croquées. L’artiste a moulé l’empreinte de ses dents qui mordent des pièces de monnaie reproduites en céramique puis travaillées à la feuille de cuivre.
Réminiscences d’enfance (des pièces en chocolat emballées d’aluminium doré aux dents de lait troquées sous l’oreiller contre une pièce déposée là par une souris), ces multiples pièces évoquent plus largement la notion de pécule et de thésaurisation : un trésor à protéger et à défendre, façon Harpagon. Mais à l’opposé de la jouissance stérile de l’avare, Céleste Richard-Zimmermann célèbre non la possession mais l’incorporation, l’appétit et l’offrande généreuse, qui est aussi, par métaphore, celle du territoire du Fuilet, chaque pièce croquée révélant son âme de terre.
Intentions de l’artiste
« Le Fuilet est historiquement marqué par une forte activité de céramique, il est traversé par des enjeux à la fois économiques, écologiques et symboliques. La pratique de la céramique constituait autrefois une source économique majeure ici. Le temps, l’évolution des technologies, l’industrialisation et les mutations du paysage ont modifié le territoire et diminué l’activité. Un contexte qui aurait pu se solder par la disparition d’un savoir-faire et de toute une économie, mais cette extinction présagée n’a pas été effective tant la pratique de la terre est résiliente et possède des virages surprenants.
Ma proposition prend pour point de départ la tirelire, objet originellement en céramique, historiquement façonné par les potiers. Dans différents musées et archives, on en trouve en grande quantité, de formes rondes et le plus souvent brisées. Car au même titre qu’on frappe la monnaie on brise la tirelire. Dans l’Antiquité grecque, les premières tirelires s’appelaient des « thesaurus », façonnées en terre cuite, elles prenaient la forme de temple ; quelques siècles plus tard il n’était pas rare que les Banques distribuent à leur clientèle des tirelires à l’effigie de l’établissement bancaire.
L’argile est donc l’habitacle de la monnaie métallique ; elle est la carcasse de la valeur. Lors de différentes fouilles archéologiques, on trouve en masse des pièces de monnaies oxydées, des trésors enfouis qui font corps avec la terre et débris de céramique. La terre protège l’argent. L’argile devient un coffre, trésor enfoui. »
À découvrir aussi : des œuvres des collections du Fonds régional d’art contemporain sélectionnées par l’artiste
Plusieurs œuvres, sélectionnées par l’artiste dans les collections du Frac des Pays de la Loire, résonnent avec les problématiques explorées dans l’exposition. Ces œuvres interrogent des valeurs, d’usage ou d’échange, de désir ou de profit ; et remettent en question des formes, protectrices, trompeuses, séductrices.
- Avec son monochrome photographique, Anne Deleporte relie les icônes aux jeux à gratter, où la fortune guette derrière une fine pellicule fantasmatique et forcément dorée.
- La notion du trésor à défendre transparaît dans le dessin de Mrzyk & Moriceau : un personnage se coupe du monde en s’emmurant soi-même, une évocation pleine d’humour des bunkers bancaires.
- Chez Hubert Duprat, le corps d’une larve de trichoptère se protège d’un fourreau composite, pépites et fils d’or, perles, rubis ou turquoises taillées en cabochon : un magot qui interroge la dialectique nature/culture, et la notion de valeur.
- Le rapport entre l’économie et les éléments naturels est abordé par Koenraad Dedobbeleer, qui questionne la valeur des objets du quotidien, l’histoire de la civilisation (de la poterie antique au design moderne), et le statut de l’objet d’art par sa mise en piédestal.
- Donelle Woolford creuse la question des matériaux non nobles sublimés par l’art, et la question du leurre, ou de la croyance. Par son anti-manifestation qui célèbre le zéro, Endre Tót nous invite à repenser nos valeurs.
- Avec sa palette gravée de plantes, Marcos Avila Forero révèle à travers le bois pauvre du commerce une beauté végétale enfouie, une richesse vitale et sauvage.
À propos du dispositif Prenez l’art !
Depuis 2017 le dispositif, Prenez l’art ! la saison d’art contemporain en Anjou, a permis d’inviter quatorze artistes plasticiens en résidences de territoires dans plusieurs communes de Maine-et-Loire. Ces projets permettent aux habitants de découvrir une pratique artistique et de la partager avec l’artiste lors de temps de rencontres, de médiations et d’expositions.
Les objectifs :
- renforcer la présence artistique partout dans le département ;
- aider les artistes à créer et se diffuser en Anjou ;
- favoriser l'accès à l'art pour tous ;
- susciter un intérêt collectif pour l’art contemporain, sous ses différentes formes ;
- encourager les partenariats ;
- proposer des projets culturels à l’échelle départementale.
Informations pratiques
La Maison du Potier – Le Fuilet – 2 rue des Recoins, 49110 Montrevault-sur-Èvre
Du 3 octobre 2026 au 3 janvier 2027
Du lundi au vendredi de 9 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h 30
Les samedis, dimanches et jours fériés de 14 h à 18 h à l’exception du 25 décembre et 1er janvier
Entrée libre
À télécharger
- L'affiche de l'expositionTélécharger - pdf - 4 Mo
