La filière végétale en Anjou

    Pourquoi la filière horticole et végétale est-elle si importante en Anjou ? Du bon roi René à VEGEPOLYS VALLEY, retour sur ce qui fait l’une des spécificités importantes du territoire.

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      Les jardiniers des châteaux

      À la jonction du Massif Armoricain et du Bassin Parisien, traversé par la Loire et ses nombreux affluents, l’Anjou compte une grande diversité de sols et de paysages (voir à ce sujet notre rubrique sur le climat et la géologie de l’Anjou). Plus globalement, c’est tout le grand ouest de la France qui bénéficie des conditions climatiques et géologiques propice à la fertilité des sols, au point d’en faire la première région agricole et agro-alimentaire européenne.

      Dès le XVe siècle, rois et princes exigeants jettent leur dévolu sur le Val-de-Loire, dont ils apprécient la proximité avec Paris, la douceur du climat et les agréables terrains de chasse. Suivis par la bourgeoisie, ils viennent ainsi moderniser les forteresses construites pendant la Guerre de cent ans, pour en faire de somptueuses demeures agrémentées de magnifiques jardins, dans lesquels officient les meilleurs jardiniers.

      Le Roi René, précurseur

      Le bon Roi René est considéré comme le précurseur de la vocation horticole de l’Anjou. Passionné de plantes et de jardins, il fit cultiver la vigne dès le XVe siècle sur les coteaux de la Maine et installer des essences méditerranéennes dans les jardins du couvent de la Baumette.
      Créant des jardins dans ses châteaux d’Angers, de Baugé, de Saumur, des Ponts-de-Cé, et manoirs de Launay et La Ménitré, on lui doit l’introduction de variétés méditerranéennes : rose de Provins, abricotier, micocoulier, muscat, chasselas, œillets de Provence, cyprès, anémones... qui se sont acclimatés.

      André Leroy, premier grand pépiniériste angevin

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      c’est le nombre de jardins qu’aurait dessiné André Leroy

      Cumulant les rôles d’horticulteur, d’arboriculteur, de botaniste ou de dessinateur de jardins, André Leroy a fait le succès du métier de pépinieriste tout au long du XIXe siècle.
      Issu de trois générations de jardiniers, il a fait prospérer l’entreprise familiale, grâce à sa connaissance des techniques d’acclimatation et de reproduction des plantes, qui lui ont permis d’identifier de nouveaux débouchés commerciaux. Devenues de véritables manufactures d’arbres d’agrément ou d’utilité, ses pépinières qui s’étendaient sur 4 ha en 1822 en comptaient plus de 168 hectares en 1863, sur lesquelles s’activaient chaque jour plus de 300 ouvriers.

      A son activité de pépiniériste, s’ajoute celle de dessinateur de jardins. On lui doit notamment, à Angers le jardin de la Préfecture et du Conseil départemental et celui du Mail. Habile entrepreneur, André Leroy fut également un savant botaniste, connu notamment dans le monde entier pour son Dictionnaire de Pomologie, véritable encyclopédie fruitière contenant l’histoire et la description des fruits anciens et modernes.

      Au carrefour du commerce

      Du XVIIe au XIXe siècle, la Loire a permis l’introduction des semences et plants ramenés par les explorateurs au port de Nantes, qui remontaient la Loire jusqu’à Orléans et favorisé le transport de plants d’arbres et d’arbustes d’Orléans et d’Angers vers Nantes pour être exportés vers l’Amérique.
      Les conditions climatiques de la vallée de la Loire, l’eau et le sable de la Loire ont également été propices à l’installation de grandes lignées d’horticulteurs comme Ernest Turc qui utilise le microclimat angevin pour livrer sur le marché ses bulbes de tulipe trois semaines avant les Hollandais.
      Les Colporteurs fleuristes de l’Oisans (Alpes) viennent en Anjou s’approvisionner en jeunes plants pour les vendre en Europe, contribuant à asseoir la notoriété de l’Anjou dans la filière horticole.
      Ernest Turc, Pierre Turc, Boos Hortensia... certaines de ces entreprises font toujours rayonner la filière végétale de l'Anjou.

      Les Parcs & Jardins de l’Anjou

      La passion des jardins

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      parcs et jardins en Anjou

      Bénéficiant de la proximité du port de Nantes, qui a eu pendant plusieurs siècle un rôle essentiel dans l’importation des végétaux d’outre-mer, l’Anjou a également vu se développer dès le XVIIIe siècle de nombreux jardins et parcs. On pensera au jardin de la faculté de pharmacie, au Jardin des beaux-arts et au jardin des plantes à Angers. Plus récemment, le jardin des plantes médicinales Camifolia à Chemillé-Melay, le parc oriental de Maulévrier et Terra Botanica sont devenus les emblemes de ce savoir-faire.
      Consulter notre sélection des jardins incontournables de l’Anjou

      Aujourd’hui : une filière économique complète

      Le développement de nombreuses entreprises d’horticulture sur le territoire du Maine-et-Loire a progressivement amené la constitution d’un écosystème complet, rassemblant organismes de formation, de recherche et de valorisation de la filière. L’Anjou est ainsi le lieu d’implantation de plusieurs institutions et organismes majeurs liés au végétal.

      COVID : une aide pour soutenir la filière

      Face aux conséquences de la crise du COVID-19 sur la filière horticole, le Département a mis en place un plan de soutien, baptisé "Enracinons notre territoire".

      En savoir plus sur le dispositif "Enracinons notre territoire"

      Végépolys valley

      Pôle de compétitivité à vocation mondiale, riche de 500 adhérents. Il rassemble des entreprises, des centres de recherche et de formation du domaine du végétal autour de projets innovants pour renforcer la compétitivité des entreprises.

      Plus d'info sur végépolys valley

      Terra botanica

      Premier parc à thème du végétal en Europe, Terra Botanica propose à ses visiteurs aventures et découvertes botaniques. Témoin de la spécificité végétale de l’Anjou et du dynamisme de sa filière Terra Botanica a été créé en 2010 sur le territoire d’Angers sous l’impulsion du Département.

      Plus d'info sur Terra botanica

      Campus du végétal

      Le site rassemble un grand nombre d’acteurs de la recherche et de la formation à la jonction du quartier de Belle Beille d’Angers et de Beaucouzé. Trois ouvrages ont récemment été construits pour apporter technologies de pointes et synergie aux chercheurs (Serres INEM et Maison de la recherche) et lieu de rencontres pour entreprises et chercheurs (Maison du végétal). Ces ouvrages ont été construits sous la maîtrise d'ouvrage du conseil départemental en 2015. Le site du Campus du végétal rassemble plus de 250 chercheurs, dont la majorité collabore au sein de l’Institut de recherche en horticulture et semence. Ce grand laboratoire a été créé en 2012 à partir de la fusion de quatre unités de recherches.

      Leader des formations

      L’Anjou est le premier pôle de formation de France dans le domaine du végétal, du CAP au doctorat. Il réunit Universités, écoles d’ingénieurs, lycées professionnels ce qui représente plus de 30 formations et de 3000 étudiants.

      Evènements

      Dans ce riche territoire, c’est tout naturellement que le département accueille de nombreux évènements : salons professionnels, colloques scientifiques, animations et fêtes pour le grand public.

      154 entreprises d’horticulture et pépinières
      2175 emplois
      1er rang mondial pour la production de plantes en pots, arbustes, jeunes plants de pépinière…
      2174 hectares de production, soit 30% du territoire du département

      Source : VEGEPOLYS VALLEY