Charles-André de Cossé-Brissac : un marquis en veille

© Philippe Noisette
  • Portrait

Depuis des années, le Marquis met son énergie au service de la conservation et de la valorisation du château de Brissac. Rencontre avec le propriétaire du plus haut château de France.

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    Article publié dans le magazine Anjou&vous de juillet 2020

    « L’odeur du lilas, en avril, c’est la cloche qui sonne, une nouvelle saison touristique qui débute. Mais pas cette année… ». Confiné comme « le reste du monde », le château de Brissac n’a rouvert ses portes au public qu’au courant du mois de juin. Mais il y a plus de nostalgie que de défaitisme, dans les mots de Charles-André de Cossé Brissac. Face au marquis, fils aîné du XIIIe Duc de Brissac, l’imposante façade sud du château se dresse : quelque cinquante mètres, sept étages et des centaines de fenêtres. L’une d’entre elles donne sur la chambre qu’il occupait enfant, dans les années 60. « C’est mon plus lointain souvenir : j’observais tous les matins les chevaux partir à l’entraînement. Certains rentraient aux écuries sans cavalier », glisse-t-il dans un sourire.

    De l’eau à couler sous les ponts de la rivière Aubance voisine depuis lors : à bientôt 60 ans, ce féru de littérature et diplômé d’école de commerce – « une école de plomberie aurait été plus utile » - gère Brissac en son parc depuis 1988. « C’est ma 12e tranche de travaux échafaudés depuis que je suis revenu », précise Charles-André de Cossé Brissac, en désignant les échafaudages accolés à la paroi de l’édifice. « J’ai longtemps été pieds et poings liés, eu égard à l’intégrité physique du lieu ». Un « poids psychologique » dont il s’est peu à peu délesté, au rythme des rénovations.

    "On ne se sent jamais propriétaire d’un tel endroit."

    « J’ai un attachement de responsabilité, sans alternative, mais je n’y suis jamais allé avec des pieds de plomb », ajoute encore le propriétaire des lieux. « On ne se sent jamais propriétaire d’un tel endroit, corrige-t-il. Je suis au chevet d’un monument historique. » Sa « responsabilité » semble ainsi plus liée au bâti et à son parc qu’au demi-millénaire d’histoire qui y lie sa famille. « Je suis content d’être l’aîné et d’aimer ce que je fais, notamment parce que je ne pense pas être la plus mauvaise personne pour sauver le monument ».

    Chasse aux œufs, montgolfières et marché de Noël

    « Patient » choyé, le château de Brissac s’est animé de nombreux temps forts et manifestations ces trente dernières années, ouvrant son parc autant à la chasse aux œufs qu’aux montgolfières, ou prêtant ses ors à un impressionnant marché de Noël. Un investissement de tous les instants, impossible à tenir sans un engagement familial permanent. « Mon épouse a apporté tout son goût et sa personnalité à la décoration intérieure », avance Charles-André de Brissac. Marié en 1993 à Larissa Szechenyi, alors danseuse au Royal Ballet de Londres, il se rappelle lui avoir un temps dissimulé l’ampleur de la tâche : « J’avais peur qu’elle s’enfuie si je lui montrais trop le château ! »
    Le couple et ses quatre enfants perpétuent aujourd’hui le fil d’une histoire familiale initiée en 1502. Et qui se conjugue depuis 1936 avec une ouverture au public. « Hormis durant la Seconde guerre mondiale, où le château a été réquisitionné pour abrité les collections des musées nationaux, c’est la première fois que l’on est fermés », indique le marquis, habitué à recevoir chaque année quelque 50 000 visiteurs. »

    Une période singulière qu’il jauge avec recul et optimisme. « C’était pour nous un moment de regroupement familial, qui a notamment permis de faire du tri dans le grenier et le chartrier. Un moment de solidarité, aussi. On aura tous vécus la même chose, partout dans le monde : j’espère que ce moment sera rattaché à l’idée que la planète est fragile et qu’il faut en prendre soin. »

    Châtelain du cru – « je suis un gars du village, j’ai été à l’école ici » - Charles-André de Brissac œuvre depuis des années à l’échelon municipal et départemental, en tant que membre du conseil d’administration d’Anjou tourisme, pour la reconnaissance touristique de l’Anjou.  « C’est un territoire magnifique, qui devrait être encore plus associé à la notion de villages ».

    Pour aller plus loin

    Site du Château de Brissac

    Biographie

    1962. Naissance à Paris, puis arrivée à Brissac.
    1988. Reprend la gestion du Château de Brissac.
    1993. Epouse Larissa Szechenyi, danseuse au Royal Ballet de Londres.
    1998. Hérite du château de Brissac, après une donation partage avec son père, le Duc de Brissac.
    2002. Plantation de vignes pour célébrer les 500 ans de présence des Cossé-Brissac.
    2017. Accueille les Championnats d’Europe de montgolfière, avec l’association Arc-en-ciel d’Anjou.

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