Comprendre l’ampleur du phénomène
De quoi parle-t-on ? Les violences sexuelles désignent toute situation où un enfant subit des actes à caractère sexuel, avec ou sans contact physique.
Qui est concerné ? Tous les milieux sont touchés. Les agresseurs sont majoritairement des membres de la famille ou de l’entourage proche. Toutes les 3 minutes, un enfant est victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle en France.
Pourquoi le silence ? Un enfant peut se taire par peur de ne pas être cru, par honte, ou parce que l'agresseur présente la violence comme un jeu ou impose un secret. Le silence ne signifie jamais que les faits n'ont pas existé.
(Source : Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants)
« Notre objectif est clair : que chaque enfant accueilli dans une structure de ce département, un club, une association, un accueil périscolaire puisse évoluer dans un environnement sûr, encadré par des adultes formés, vigilants et responsables. »
Sensibiliser le plus grand nombre
La protection des enfants ne peut pas reposer uniquement sur les seuls professionnels de l'enfance ou de la justice. Elle est l'affaire de tous. C’est pourquoi, le Département veut créer une culture commune de protection de l’enfance permettant à chaque adulte en responsabilité auprès d’enfants d’identifier les situations à risque, de réagir de manière adaptée et de connaître les dispositifs d’alerte et de signalement.
Depuis septembre 2026, le Département a mis en place un module de sensibilisation aux violences sexuelles sur mineurs. Celui-ci conditionnera le versement de toute subvention de fonctionnement départementale aux associations exerçant dans différents secteurs d’activités (sports, loisirs, éducation, culture, patrimoine, insertion, handicap, logement…) auprès de mineurs, même si le financement alloué ne concerne pas directement une action ou une activité en lien avec des jeunes.
En savoir plus sur le dispositif de sensibilisation
Prévenir
La prévention repose sur un climat de confiance où l'enfant sait qu'il peut s'exprimer sans être jugé.
Apprendre l'autonomie corporelle : expliquez à l'enfant que son corps lui appartient et qu'il a le droit de dire « non », même à un adulte qu'il aime.
Distinguer les secrets : un « bon » secret est joyeux et temporaire. Un « mauvais » secret fait peur ou rend triste et doit toujours être raconté à un adulte de confiance.
Repérer les signes d'alerte
En tant que parent ou professionnel, vous êtes les mieux placés pour repérer un changement soudain de comportement. Bien que ces signes ne confirment pas toujours une violence sexuelle, ils doivent être pris au sérieux.
Chez les enfants de moins 6 ans
- Changement brutal de comportement : irritabilité, tristesse, agitation, hyperactivité, agressivité, repli sur soi ;
- Problèmes d’alimentation et de sommeil : cauchemars, fatigue ;
- Retard ou recul dans le développement : marche, langage, propreté ;
- Douleurs physiques répétées : maux de ventre, de tête, malaises ;
- Exposition à la sexualité adulte.
Chez les enfants de 6 à 12 ans
- Difficultés scolaires ;
- Troubles alimentaires ;
- Douleurs physiques répétées : maux de ventre, de tête, malaises ;
- Comportement sexualisés problématiques : absence de limite, gestes inadaptés, menace ou chantage, hyper sexualisation ;
- Exposition à la sexualité adulte.
Chez les adolescents
- Difficultés scolaires ;
- Troubles alimentaires et de l’humeur ;
- Anxiété et symptômes dépressifs ;
- Troubles de la relation avec les autres : mise en retrait, agressivité, provocation, violences ;
- Conduites à risques : mise en danger, automutilation, fugues, addictions, délinquance ;
- Exposition à la sexualité adulte et sexualité précoce.
Protéger et agir
Si un enfant se confie, votre rôle est de l'écouter, de le croire et de le protéger. Quelle posture adopter ?
- Ne menez pas l'enquête : évitez de multiplier les questions précises.
- Valorisez sa parole : dites-lui que c'est très courageux d'en avoir parlé.
- Restez calme : votre sang-froid sécurise l'enfant.
| À PRIVILÉGIER | À ÉVITER |
|---|---|
| « Je te crois, tu as bien fait de me le dire. » | « Ce n'est pas grave » / « Pourquoi tu n'as rien dit plus tôt ? » |
| « Ce n'est pas de ta faute. » | « On ne va rien dire à personne. » |
| « Je vais faire ce qu'il faut pour te protéger. » | « Est-ce que tu as fait quelque chose pour que ça arrive ? » |
À qui s’adresser ?
Ne restez pas seul face à vos doutes ou à une révélation.
Vous avez un doute ou vous avez constaté une situation d’enfant en danger ?
- Appeler le 119. C’est gratuit et confidentiel.
- Alerter la CRIP, la cellule de recueil des informations préoccupantes du Département.
Vous avez constaté une situation de danger grave et imminent pour l’enfant ?
- En cas d’urgence, composer le 17 ou le 112.
- Faire un signalement au Procureur de la République.
